La simplicité de la vie peut se traduire de mille et une façons.
En voici une, proposée par Stéphane Charlier, qui est une version simplifiée de l'article déjà diffusé :
La simplicité volontaire : une idée qui a de l’avenir
« Aujourd’hui, je me rends compte que la voie de la simplicité volontaire ne constitue pas seulement le meilleur chemin pour la santé de ceux qui l’empruntent, mais qu’elle est sans doute l’unique espoir pour l’avenir de l’humanité. »
Serge Mongeau
« La surabondance de biens mène à la rareté de temps. Le temps se raréfie parce qu’il faut le temps de consommer […] Plus [le consommateur] est haut perché dans la pyramide de la production, et moins il a le temps de s’abandonner aux activités qu’on ne saurait comptabiliser. »
Ivan Illich
Qu’est-ce donc que la simplicité volontaire ?
À l’origine, cette expression forgée par un journaliste britannique désigne le mode de vie de Gandhi, le fameux nationaliste indien. Etant donné le parcours du Mahatma (« la grande âme »), on peut dire que la simplicité volontaire est à la base le choix d’une certaine frugalité matérielle, le choix de la non-violence dans toute action et dans toute communication, et le refus des honneurs. Lorsque Gandhi se rend à Londres en vue de négocier l’indépendance de l’Inde, il refuse de se rendre à l’hôtel et loge chez des ouvriers du quartier de East London. De nombreuses autres personnalités peuvent être rattachées à cette idée de simplicité volontaire, en particulier Henry David Thoreau, le poète et philosophe américain qui avait décidé de vivre simplement dans les bois. Plus loin dans l’histoire, des philosophes comme Socrate ou Diogène avaient déjà dénoncé à leur façon les faux-semblants de la richesse.
Aujourd’hui la simplicité volontaire est un « art de vivre », sans doute même une philosophie, que des Occidentaux tentent de pratiquer en adaptant à la vie moderne l’exemple de Gandhi. Les Québécois sont pionniers en la matière : dans les années 1980 paraissent des ouvrages sur la question (Duane Elgin, Serge Mongeau) et en 2000 se constitue le Réseau Québécois pour la Simplicité Volontaire (RQSV). Actuellement de nombreux « blogs » défendent cette idée sur internet, tandis que la simplicité volontaire trouve une place de choix dans certaines publications écologiques : Silence, La Décroissance, L’âge de faire, etc. Un peu partout fleurissent des textes où les idées de « frugalité », « de modération » ou de « décroissance conviviale » apparaissent comme des choix non seulement désirables mais inévitables (Serge Latouche, Albert Jacquard, François Brune, Hubert Reeves, etc).
Mais alors il faut vivre dans les bois comme Thoreau et pratiquer le jeûne comme Gandhi ?!
Absolument pas ! Cette fausse croyance sera sans doute lancée par les détracteurs de la simplicité volontaire qui voudront caricaturer nos choix…pour mieux défendre leurs intérêts économiques. Bien sûr si vous voulez jeûner ou vivre dans les bois, libres à vous, mais telle n’est pas la réalité de la simplicité volontaire. La simplicité aujourd’hui pourrait être résumée en 5 mots ou expressions :
- Une libération : à l’égard du système basé sur une consommation sans cesse croissante.
- Une découverte : celle que l’on peut vivre mieux avec moins.
- Un choix : celui de vivre en fonction de ses désirs authentiques, de reprendre le contrôle sur sa vie, en « débranchant le pilotage automatique ».
- Un mode de vie : celui qui privilégie des valeurs et des activités qui ne sont pas forcément celles encouragées par notre société : l’être plutôt que l’avoir, la qualité plutôt que la quantité, le temps libéré plutôt que le compte en banque, la participation citoyenne plutôt que la consommation passive, le partage plutôt que l’accaparement, etc.
- Un outil d’action concret et immédiat : celui qui peut nous aider à faire face aux défis écologiques présents et à venir, et aux inégalités sociales.
La simplicité volontaire est donc un engagement politique ?
Ce n’est pas de la politique au sens strict : il n’y a ni parti, ni programme attachés à cette simplicité. Mais il est vrai qu’elle est politique au sens large car le choix de la simplicité volontaire a des impacts multiples sur le fonctionnement de la cité. Certaines personnes pourront d’ailleurs adopter la simplicité volontaire car elles seront, justement, sensibles à cette dimension politique. Mais d’autres pratiqueront la simplicité car elle apporte d’abord des avantages personnels au jour le jour : plus de temps pour soi, moins de soucis d’argent, un esprit plus clair, une plus grande disponibilité pour ses proches, etc.
Il n’en demeure pas moins que si la simplicité volontaire venait à se populariser, cela changerait pas mal de choses. Car la simplicité volontaire va à contre-courant de notre mode de vie actuel, que l’on appelle la « société de consommation ». Là où les forces économiques et politiques, les médias, la publicité, et trop souvent aussi notre entourage nous prétendent que la réussite passe par l’accumulation de biens et d’argent, la simplicité volontaire affirme le contraire. Là où tout nous pousse à vivre selon le mode avoir, la simplicité volontaire défend le mode être. Non seulement la diffusion de la simplicité volontaire pourrait changer beaucoup de choses, mais j’affirme qu’elle a un avenir prometteur car elle est une des clés indispensables face à ces constats qui sont tout autant de défis à venir :
- Notre mode de vie actuel n’est pas soutenable sur le plan écologique, et l’on sait pertinemment que le niveau de consommation occidental ne pourra jamais être étendu au reste de l’humanité (voir les calculs du W.W.F. sur l’empreinte écologique). La simplicité volontaire permet de réduire cette empreinte écologique.
- Notre mode de vie est foncièrement égoïste, à l’égard des populations du Sud donc, mais aussi et à l’égard de nos enfants étant donné l’environnement que l’on va leur laisser. La simplicité volontaire c’est donc la recherche d’un partage plus équitable. Gandhi affirmait ainsi qu’il fallait « vivre simplement pour que simplement d’autres puissent vivre. »
- Notre mode de vie engendre des nuisances qui se retournent contre nous. Notre sédentarité et notre alimentation souvent déséquilibrée favorisent les cancers et maladies cardio-vasculaires. La nécessité de travailler toujours plus pour rembourser nos fameux crédits, mais aussi cette habitude de nous mettre toujours dans un état de compétition contre tout le monde, nous causent un stress et un sentiment d’insécurité permanents. Les multiples sources de pollutions chimiques engendrant maladies et décès sont en grande partie imputables à notre consommation (pesticides dans l’agriculture productiviste, incinération de nos déchets, gaz émis par les voitures, métaux lourds générés par les piles équipant nos gadgets, etc). Pratiquer la simplicité c’est donc aussi œuvrer à un monde plus sain. - La quête du bonheur et de l’épanouissement à travers la consommation est un leurre. Les publicitaires ont d’ailleurs bien compris que les consommations étaient d’abord des consolations. Des consolations nécessairement superficielles et éphémères car nous devons au plus vite repartir au magasin ! Beigbeder nous dit ainsi : « Dans ma profession, personne ne souhaite votre bonheur, parce que les gens heureux ne consomment pas. » La simplicité volontaire vient casser la spyrale consommation-frustration-surconsommation-etc.
- Notre mode de vie risque d’être sérieusement remis en question par le pic de pétrole (et un peu plus tard de gaz) qui annonce une période où la production de l’or noir va décliner alors que la demande augmente toujours. Contrairement à ce que l’on tente de nous faire avaler, nous sommes extrêmement dépendants de cette ressource, à tel point que Yves Cochet, dans Pétrole Apocalyspe, n’hésite pas à affirmer que « nous mangeons du pétrole ». La simplicité volontaire est aussi une façon d’anticiper ces difficultés à venir, et sans doute d’en atténuer les conséquences.
Mais c’est que la simplicité est très…compliquée !
En fait c’est notre réalité, et l’ampleur des défis écologiques et sociaux qui sont complexes. La simplicité est une réponse (pas la seule) qui demeure plutôt simple justement. Elle est une application de la célèbre formule : « penser global, agir local ». Certes nous sommes impuissants quand nous constatons dans les informations que les Etats-Unis ne veulent toujours pas ratifier le protocole de Kyoto visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais la simplicité volontaire c’est le choix de mettre en pratique soi-même ce fameux protocole, et même d’aller encore plus loin : en évitant la voiture ou en pratiquant le covoiturage, en chauffant un peu moins à la maison, en laissant tomber les lampes allogènes, en achetant du papier recyclé, etc. De ce point de vue, elle présente d’indéniables qualités :
- Elle est accessible à tous et peut être mise en pratique tout de suite, elle a un caractère extrêmement concret. Elle a également valeur d’exemple. Gandhi affirmait à ce titre : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde ».
- C’est une approche non-violente à laquelle nos dirigeants seront bien obligés de s’adapter. Serge Mongeau nous dit ainsi : « Pas besoin d’essayer de détruire le système ou d’en prendre le contrôle. Ce sera suffisant de lui retirer notre soutien. » Nous avons donc un pouvoir énorme par le biais de nos choix de consommation et de non-consommation : à nous d’en faire usage, ici et maintenant !
- Elle redonne de la dignité à ceux que l’on qualifie de « pauvres » en rappelant la distinction nécessaire entre « pauvreté » et « misère ». Majid Rahnema nous rappelle ainsi que « la pauvreté représente le manque du superflu, alors que la misère signifie le manque du nécessaire ». Stigmatiser la « pauvreté » permet le plus souvent de nous vendre de soi-disantes « richesses » !
Bon d’accord mais on commence par quoi ?
Les champs d’application de la simplicité volontaire sont tellement vastes que ce point nécessiterait tout un ouvrage. Mais à la question « par quoi commencer ? » Dominique Boisvert nous conseille ces quelques initiatives :
« - si votre problème, c’est le manque d’argent, alors n’engagez plus de crédit, essayez de distinguer clairement vos besoins réels de vos simples désirs, reportez systématiquement les achats non urgents d’une semaine ou deux et vous constaterez souvent que ces achats compulsifs n’en valaient pas la peine, et si vous habitez en ville vous pouvez envisager de vivre sans voiture, ou tout au moins de l’utiliser le plus rarement possible ;
- si votre priorité est d’améliorer votre qualité de vie, songez à limiter l’usage de la télévision, à vous désencombrer des objets inutiles chez vous, et à vous arretez de temps en temps pour vérifier que votre vie va dans le sens que vous l’entendez. »
On voit à travers ce passage que vos choix concrets dépendront d’abord des motivations vous ayant amené sur les chemins de la simplicité volontaire. Selon Serge Mongeau, le point de départ consiste plutôt à s’interroger sur le sens de notre vie. Que désirons-nous vraiment ? Que voulons-nous faire de notre existence ? Qu’est-ce qui nous rend véritablement heureux ? Le mieux est encore de le citer :
« De nombreux adeptes de la simplicité volontaire, incluant moi-même, ont suggéré que la pratique de la simplicité volontaire commence par notre vie intérieure et qu’ensuite elle s’étende à notre mode de vie. Une fois que nous avons éliminé nos blocages intérieurs et que nous nous centrons plus clairement sur les objectifs importants dans notre vie, le désencombrement des biens matériels coule de source puisque, honnêtement, il nous permet d’accorder toute notre attention à ce qui est désormais important pour nous. »
Si l’on s’en tient à cette vision des choses, la simplicité est avant tout un cheminement, et une suite d’interrogations. Bien entendu tout cela est personnel : c’est à vous seul d’y répondre. Voici un cheminement possible pour se lancer dans la simplicité volontaire :
1 Demandez vous ce que vous voulez faire de votre vie, quels sont vos désirs profonds.
2 Repérez les activités que vous pratiquez plus par habitude ou par conformisme et qui ne vous apportent pas ou plus de réel enthousiasme, et laissez les tomber (rien ne vous empêche d’y revenir ensuite si vous pensez avoir fait fausse route bien sûr).
3 Maintenant que vous savez ce qui compte vraiment pour vous, vous pouvez facilement vous débarasser d’un tas d’objets qui n’entrent pas dans votre projet de vie et ne sont pas absolument nécessaires à votre confort.
4 Vos besoins étant devenus limités, vous pouvez vous interroger sur le temps nécessaire que vous devez passer au travail. Vous pouvez arrêter de faire des heures supplémentaires, choisir un temps partiel, voire vous offrir une année sabbatique.
5 Le temps et l’énergie libérés ainsi vous permettent de vous investir dans ce qui vous semble réellement important, mais aussi de vous arrêter régulièrement pour vérifier que la route suivie est bien celle qui vous correspond vraiment.
Ce cheminement peut vous paraître complexe, ambitieux, ou manquant de concret. Voici donc une petite liste d’actions possibles et qui à mon sens répondent toutes à l’esprit de la simplicité volontaire. Cette liste est non exhaustive et sans ordre logique. Certaines peuvent se faire du jour au lendemain, d’autres nécessitent réflexion, ou un certain entrainement. Dans tous les cas, l’usage des verbes à l’impératif ne doit pas vous tromper : il ne s’agit là que de propositions. À vous d’agir là où vous vous en sentez capable. Il n’y a ni programme, ni recette. On ne part pas tous du même point, les chemins peuvent se rejoindre parfois, mais chacun a sa propre destination, destination qui peut toujours être revue d’ailleurs.
- Utiliser le moins possible la voiture, et peut-être même envisager de vivre sans (21% des ménages français n’en ont pas).
- Refuser d’avoir une habitation secondaire puisque beaucoup de gens n’ont même pas d’habitation principale.
- Chauffer un peu moins son habitation. Tentez de chauffer à 19°c les pièces principales et si vous n’avez pas froid, pourquoi ne pas descendre à 17 ou 18°c ?
- Acheter un vêtement quand cela est nécessaire, ou quand celui-ci vous plaît vraiment, mais ne pas acheter parce que « c’est les soldes » et qu’il faut faire comme tout le monde.
- Essayer des aliments d’origine biologique, dont le coût légèrement supérieur sera compensé, par exemple, par de moindres frais en carburant.
- Faire une liste des activités pendant lesquelles vous êtes tout à fait heureux et vous ne voyez pas le temps passer.
- Eviter le conditionnement publicitaire en refusant les prospectus publicitaires dans sa boîte aux lettres.
- Profiter du samedi pour faire une balade en forêt ou pour s’investir dans une association plutôt que de se rendre au centre commercial.
- Faire durer ses objets et les réparer plutôt que de les renouveller sans cesse en suivant les modes. On peut vivre par exemple sans appareil-photo numérique, ou sans télé à écran plasma, j’en suis la preuve vivante !
- Emprunter en bibliothèque plutôt que d’acheter toujours de nouveaux livres que l’on a jamais le temps ou le courage de finir.
- Ne pas jouer au boursicoteur car l’accumulation d’argent quelque part s’appuie sur la faillite des autres.
- Ne pas allumer sa télévision une soirée dans la semaine et redécouvrir des loisirs et des activités bien plus créatives comme la pratique d’un instrument, les jeux, ou la lecture.
- Faire du sport d’abord pour le plaisir et la santé, et moins en vue de battre le plus grand nombre de personnes possibles.
- Refuser de prendre l’avion, sauf absolue nécessité.
- Manger des fruits plutôt que d’ingurgiter des médicaments.
- Prendre des douches plutôt que des bains.
- Dans une discussion, écouter vraiment son interlocuteur pour le comprendre, et ne plus vouloir toujours monopoliser le temps de parole et imposer sa façon de voir.
- Ne pas se faire un emploi du temps de 30 heures pour des journées de 24 heures.
- Apprendre à vos enfants des jeux coopératifs et bannir le Mono(pas)poly.
- Eviter les produits jetables qui multiplient les frais et les déchets pour un soi-disant confort. Et donc éviter les fast-foods.
- Travailler à temps partiel et trouver un équilibre entre ses activités.
- Privilégier les produits naturels pour l’entretien de la maison.
- Se désencombrer de tout ce qui ne nous sert plus (vêtements, livres, disques, appareils et ustensiles en tout genre) et les offrir à des associations caritatives.
- Prêter ou se faire prêter des objets qui servent très rarement.
- N’allumer la télévision que pour regarder un programme choisi et prendre conscience de tout ce que l’on peut faire quand elle est éteinte.
- Eviter les emballages en plastiques, et penser au cabas pour faire ses courses.
- Manger moins de viande et plus de protéines d’origine végétale.
- Y réfléchir à deux fois avant de vouloir à tout prix posséder un animal dans une cage.
- Prendre l’habitude de se demander « pourquoi ? » là où tout le monde se demande « comment ? » Pourquoi avoir toujours plus d’argent, pourquoi aller toujours plus vite , et vouloir être premier en tout ?
Que retenir de tout cela ?
Si vous découvrez totalement la simplicité volontaire à travers ce texte, elle peut vous apparaître comme quelque chose d’immense…et c’est bien le cas ! Elle apporte en effet un tas d’avantages et d’idées nouvelles dans tous les domaines de la vie. Si vous voulez retenir l’essentiel, rappelez-vous que la simplicité volontaire est un art de vivre librement inspiré de Gandhi et qui se résume en 5 points. La simplicité volontaire c’est donc :
- une libération à l’égard de la société de consommation ;
- une découverte : celle que l’on peut vivre mieux avec moins ;
- un choix : celui de vivre en fonction de ses désirs authentiques ;
- un mode de vie qui privilégie des valeurs et des activités qui ne sont pas forcément celles encouragées par notre société (en particulier l’être plutôt que l’avoir) ;
- un outil qui peut nous aider à faire face aux défis écologiques et sociaux de la planète.
Pour résumer tout cela en une phrase, disons que la simplicité volontaire est le choix d’une certaine frugalité pour des raisons écologiques (moins peser sur l’environnement), sociales (prendre en compte les inégalités, favoriser le partage et l’entr’aide), et personnelles (améliorer sa vie qualitativement, se libérer du temps).
Stéphane Charlier, janvier 2006
Je stocke beaucoup de réserves sur place, pour etre sure de ne manquer de rien. Et finalement, toutes les denrées sont périssables et six mois plus tard, je dois renouveller mon stock en jeter une quantité de produit! Bien souvent, je ne me rappelle jamais ce que j'ai laissé sur place, alors je rachète et je stocke encore! C'est vrai que c'est pratique de ne manquer de rien, mais j'ai réagi ce weekend que je n'avais pas besoin de toutes ces réserves de guerre! Je peux très bien monter ce dont j'ai besoin quand j'y vais. Et si jamais la voiture est trop pleine, hé bien ça sera l'occasion pour moi de connaitre les petits commerçants et les fermes des environs. J'imagine que nous faisons tous pareil? Non?
Bon, ça ne m'a pas empéchée de passer de superbes moments, mais je songe maintenant à changer cette vielle habitude de fourmi, sans pour autant jouer la cigale. Je vais essayer de trouver un juste milieu pour ne plus avoir surtout à jeter toutes ces denrées que je n'ai pas eu le temps d'utiliser!
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