Lundi 19 mars 2007
1
19
/03
/2007
09:05
J'ai passé un superbe weekend dans un mas cévenol, un mas famillial dénigré et abandonné par la famille.
Ce mas appartenait à mon arrière grand père qui en a fait une chataigneraie. Tout le mas s'élève en schiste et brille de mille feux au soleil couchant. La parti la plus ancienne a vu la vie des gens depuis 1672 d'après une inscription sur une porte.
Mon arrière grand père a fait venir l'eau d'un ruisseau directement dans la maison. 450mètres de tuyau dont plus de la moitié a été enterré traversent la montagne pour guider cet eau de vie.
Des arbres fruitiers (pommier, poirier, cognassier, murier, noisetier, noyer, chataignier) apportent la ration quotidienne de fruits.
Deux potagers avaient été mis en place. Les pommes de terre étaient transportés à dos d'homme. Les poireaux, carottes, oignons, tomate, courgette, chanvre, sarrazin, tout poussait dans ces terres fertiles. L'eau des ruisseaux s'écoulait dans les champs pour assurer l'irrigation naturelle.
Un mas magnifique de plus de 200m² et 16 hectares de terrain!
Mes arrières grands parents sont décédés en 1982, leurs deux filles en ont hérité (ma grand mère qui a légué à sa fille... ma mère donc et ma grande tante). Depuis 1991 ce mas est totalement abandonné par cette famille.
J'y suis allé en 2001 et j'ai senti toute la grandeur, tout le potentiel de cet endroit pourtant totalement en friche. J'ai passé les six dernières années à tenter de défricher, bien que la nature soit plus rapide que mes sécateurs, j'étais convaincue qu'un jour, ces terres reprendraient vie entre mes mains.
Mais voilà, depuis ce weekend, le mas est en vente. La grande tante le vend pour des raisons financières et ma mère pour me punir de ne pas etre égoiste et possessif comme eux, de ne pas me soumettre à leur mode de vie.
Et je suis très très triste. Triste de voir que personne dans ma famille n'est capable de voir la beauté de ces cevennes, la vie de ces pierres qui ne demandent qu'à etre soutenue. Pas capable de voir toute la richesse de l'endroit. Pas capable de comprendre qu'il suffirait de se redresser les manches au lieu de rester derrière la télé, de passer des journées de rude labeur pour mériter cette belle nature.
Je suis triste, le prix de ce mas est estimé à 170000€, je touche le smic et ne pourrait jamais le racheter.
Les cévennes se meurent et une partie de moi part avec.
Commentaires